Des projets sur le territoire

A vous de jouer ! Pour une expérimentation collective sur les cours d’écoles

Lieu de vie et d’apprentissage au quotidien, la cour d’école mérite qu’on lui porte une attention particulière. Support d’imaginaire et de pédagogie, espace partagé, sportif et ludique, jardin ou terrain d’aventure, elle doit offrir des situations favorables au bien-être et au développement de l’enfant.

Dans le cadre de l’accompagnement permanent des collectivités, le C.A.U.E 64 a fait face à des sollicitations de plus en plus nombreuses sur la question des réaménagements des cours d’école. Pour y répondre, il a crée et mis sur pieds une méthode d’accompagnement collectif intitulé À vous de jouer ! basée sur des temps d’échanges communs. Ces ateliers rassemblent les différents publics concernés : élus, agents techniques, équipes pédagogiques, élèves, parents d’élèves…Les 4 axes majeurs retenus et partagés lors de ces échanges concernent : l’adaptation au changement climatique, l’inclusion et l’égalité, la pédagogie et le déploiement du ludique, la présence du végétal pour l’accueil des vivants.

Les ateliers sont répartis en 4 temps : 

  • Atelier 1 : présentation / partage des enjeux
  • Atelier 2 : présentation des différentes cours par les communes et confrontation des situations avec la casquette enfant/adulte – un démarrage de la pensée généreuse et du compromis
  • Atelier 3 : visite de la cour avec l’équipe des « adultes » représentée par l’ensemble des acteurs
  • Atelier 4 : contenu appel à candidature / modalités consultation / calendrier de l’opération.

 

Pour la première édition baptisée A vous de jouer !#1, ce sont 10 communes du Béarn et du Pays basque qui se sont lancées dans l’aventure. Six équipes menées par des paysagistes mandataires associés à des savoir-faire de fabrication, ont accompagné les projets : Lilika, GAMA, Horizon, Relief, Terter / Tout Terrain et Croûte / Yakafokon / studio petitmuller.

La concertation a été au coeur de cette démarche : élèves, enseignants, parents, élus et agents municipaux (animateurs, jardiniers, techniciens) ont été impliqués à différents moments. Collectes d’idées, mises en situation grandeur nature, questionnaires en classe et repérages sur site ont permis de mieux comprendre les envies et besoins de chacun. Portées par une volonté de rapprocher la nature du quotidien des enfants, ces projets visent à désimperméabiliser les sols et à créer de véritables îlots de fraîcheur. Jardins pédagogiques, jeux en bois, espaces de détente et zones d’exploration prennent vie favorisant à la fois la biodiversité et le bien-être des élèves. 

Cette approche collaborative a aussi permis d’aborder la fabrication, la valorisation et le réemploi des matériaux. Des visites de lieux de stockage et de ressources locales ont nourri les réflexions et même les tempêtes ont été transformées en opportunité ! Les arbres tombés sont devenus des bancs, des structures de jeux ou des supports d’apprentissage.

Grâce à cette dynamique collective et engagée, les cours d’écoles sont en pleine transformation et les enfants découvrent les étapes du processus avant de profiter pleinement de leur nouvel environnement de jeu.

La revue de presse : 

 

Etude de revitalisation de la commune

La commune d’Eaux-Bonnes est installée dans la vallée du Valentin, sur le territoire de la communauté des communes de la Vallée d’Ossau. Elle est composée de quatre hameaux (Aas, Assouste, Eaux-Bonnes et Gourette) et compte aujourd’hui environ 2000 foyers fiscaux mais seulement 191 habitants à l’année. Le bourg d’Eaux-Bonnes, accueille la mairie seulement depuis la fin du XIXe à la demande de l’impératrice Eugénie, ce qui en fait le centre administratif de la commune bien qu’il n’abrite cependant qu’une très faible partie de la population annuelle. A l’instar des communes touristiques, la fréquentation des Eaux-Bonnes est variable avec un pic d’affluence au mois de février et au mois d’août.
La diminution de la fréquentation, puis la fermeture prolongée des thermes pour cause de travaux et sinistre, ont considérablement affecté le dynamisme d’Eaux-Bonnes. Les hôtels, restaurants, commerces, casino restent volets fermés. Ce constat est difficile, mais n’est cependant pas inéluctable. La municipalité en a bien conscience et a souhaité profiter de la possible réouverture des thermes pour réfléchir à un projet global de revitalisation de la commune tant en matière urbaine, que d’habitat, de tourisme, de commerce, de mobilité… Le C.A.U.E, a accompagné la collectivité dans la définition des besoins pour cette étude et participé au recrutement d’une équipe d’Assistance à Maitrise d’Ouvrage (AMO). Le groupement retenu est composé de l’agence « D’une ville à l’autre » urbanisme, architecture et paysage (mandataire), et des bureaux d’étude Bien Commun, AID, Espitalié Consultants, CITEC et Ideia VRD. Après une phase de diagnostic, des scénarios et actions à mener ont été présentés.

Plan guide, un outil d’aide à la décision sur le moyen-long terme

Les caractéristiques urbaines médiévales propres aux bastides sont encore présentes dans le centre-bourg d’Arzacq-Arraziguet, notamment les maisons « à couverts ». Mais la place toujours plus grande faite à la voiture a progressivement effacé les qualités de ses espaces publics, les rendant moins attractifs bien qu’une dynamique commerçante soit présente.
Lauréate du programme Petites Villes de Demain, la municipalité a fait appel à la mission d’ingénierie de la Communauté de communes des Luys de Béarn et au conseil du C.A.U.E pour lui apporter une expertise complémentaire portant sur la valorisation des espaces publics du centre-bourg. Un premier diagnostic partagé avec les élus a mis en évidence la nécessité d’élargir le regard au-delà de l’hypercentre. L’établissement d’un plan-guide est apparu comme étant l’outil le plus adapté pour aider la municipalité dans son projet. En effet, ce document stratégique définit une vision prospective globale sur le moyen terme.
L’équipe de maîtrise d’œuvre (atelier Broichot, atelier Palimpseste et BET Merlin) a notamment proposé de restructurer en profondeur les espaces publics pour en révéler les qualités urbaines intrinsèques. En parallèle, une première action très concrète a été mise en place : tester un nouvel aménagement pour apaiser les abords de l’école avant d’engager la phase de travaux.

Logements, les espaces extérieurs prolongent la qualité de l’habitat

La municipalité de Garris souhaitait travailler sur les espaces publics aux abords de la maison Boloki (un jardin partagé), en même temps que se précisait son projet de reconversion en logements collectifs. Grâce au portage foncier de l’E.P.F.L Pays-Basque et à l’étude de faisabilité de SOLIHA, la programmation des 7 logements pouvait être validée et la consultation de maîtrise d’œuvre lancée. Pour ce faire, la commune faisait appel à la mission d’ingénierie de la Communauté d’agglomération. Pays Basque et au conseil du C.A.U.E, travaillant de concert pour lui apporter une expertise complémentaire. Dans le contexte patrimonial et paysager du foirail de Garris, en face du fronton et en lisière des chênes séculaires, la réussite du projet dépendait des liens que tisseraient les logements avec leur environnement proche et de la couture avec les espaces publics existants.
De nombreuses questions devaient être abordées : comment insérer les stationnements en bordure du foirail ? où situer les accès des logements ? comment gérer les limites de l’espace privé et collectif ? quel type d’espaces extérieurs pour prolonger les logements ? L’équipe de maîtrise d’œuvre (Agence Elisabeth Gauche architecte, Lilika Maia Agor paysagiste) s’est attachée à poursuivre les orientations définies avec les élus.
L’ancien jardin à l’est de la maison est ouvert, en sélectionnant la végétation et en effaçant la haie, pour retrouver un lien visuel avec le village. Des stationnements et un espace commun y sont aménagés. Des jardins partagés sont prévus à l’arrière.
Les abords de la route de Karranka sont redessinés, pour dégager un grand espace public en lien avec le fronton et accueillir des espaces de convivialité et de jeux, s’étirant le long du chemin de Saint Jacques de Compostelle.
Les caractères paysagers du foirail sont confortés aux abords de la maison : vastes pelouses, présence d’ombre, espace non cloisonné et appropriable par tous.

Réhabilitation de la mairie

La nouvelle mairie de Came s’est installée en juin 2025 dans une maison en pierre singulière et connue de tous. La mairie s’ouvre sur la place du village et dialogue naturellement avec la salle des fêtes, l’école, le vieux bourg et l’église. Le projet de la maison « Saubade », soutenu par l’E.P.F.L Pays-Basque et accompagné par le C.A.U.E, pour la programmation et la consultation de maîtrise d’œuvre, se distingue aujourd’hui par sa réhabilitation engagée et son extension discrète. En façade de cette maison-grange du XIXème siècle, pas d’ascenseur en verre ou d’escalier métallique rajoutés de manière ostentatoire. En revanche à l’intérieur, une charpente remarquable à fermes-chevrons croisés orne la salle du conseil, des enduits chaux-chanvre réchauffent les murs anciens et les dalles en pierre de Bidache sur lit de sable ont été restaurées et conservées.

La technicité fait bon ménage avec les vieilles recettes : isolation de toiture en sarking de fibre de bois, volets bois anciens conservés et rénovés, pompe à chaleur air-eau alimentant des panneaux rayonnants à eau chaude, caissons de planchers isolés en ouate de cellulose… Le maître d’ouvrage, épaulé par l’équipe de maîtrise d’œuvre, Jean-Louis Dumoulein architecte, et les artisans qui ont réalisé les travaux, démontre ainsi qu’il est possible de reconvertir un bâtiment patrimonial avec des matériaux biosourcés, tout en exigeant une haute performance environnementale.
La mairie atteint un niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC Rénovation). Les matériaux biosourcés et géosourcés représentent 40% des matériaux mis en œuvre pour la réhabilitation.

Aménagement du col du Soulor

La Communauté de communes du Pays de Nay (64) et la Communauté de communes Pyrénées Vallées des Gaves (65) se sont associées pour valoriser ensemble ce site mythique de la Route des cols et du Tour de France. Ce projet interrégional co-construit par les élus des vallées, les usagers du site, les nombreux partenaires, avec l’appui des C.A.U.E 64 et 65 ainsi que l’association Patrimoines 65, met en avant un projet qui s’appuie sur l’identité pastorale, l’histoire du lieu et la nécessaire reconversion des activités de loisirs dans un contexte de réchauffement climatique. Le projet dessiné par l’équipe menée par les cabinets EMF (mandataire) et D.V.A répondait pleinement aux critères fixés par le concours de paysage. Il donne aujourd’hui un nouveau souffle à ce col pour en faire une vraie étape pyrénéenne.

La place du Palais, d’un parking à une place de village agréable à vivre

La place centrale du village, aménagée essentiellement en parkings et traversée par le flux incessant des véhicules, manque cruellement de convivialité. Ce diagnostic, partagé par les élus et par les habitants dans le cadre d’une démarche participative, a convaincu la municipalité de réfléchir à la reconfiguration de la place du Palais afin d’offrir une meilleure qualité de vie à tous les usagers.

Désireuse de mener à bien ce projet ambitieux, la municipalité sollicite le C.A.U.E. Après avoir défini ensemble les grands enjeux et objectifs du futur projet, il a été décidé d’engager une étude préliminaire. Cette mission de maîtrise d’œuvre vise à explorer les solutions possibles en réponse au programme et à préciser la faisabilité technique et économique du projet.

L’équipe de maîtrise d’œuvre, PAYS & PAYSAGES, a conduit un diagnostic sensible, historique et technique avant de repenser l’espace public à partir de ses composantes essentielles : sa topographie singulière, son patrimoine et ses parcours piétons. Par ailleurs, la question de la gestion intégrée des eaux pluviales a été la pierre angulaire pour guider la conception du plan de composition de l’ensemble du site. Cette alternative au tout tuyaux a pour objectif le ralentissement, la rétention et l’infiltration des eaux de pluie pour soulager les réseaux existants, et nourrir les nappes phréatiques.

La municipalité a désormais tous les éléments en main pour consolider son projet et envisager le recrutement d’une équipe de maîtrise d’œuvre.

Habitat en centre-bourg

La commune des Aldudes dispose de logements collectifs à loyers maîtrisés, résultat de plusieurs rénovations de bâtis anciens en centre-bourg. Mais elle fait le constat d’un manque d’habitat individuel adapté en surface et en coût pour les jeunes et les familles qui ont un projet de vie dans la vallée.
Afin de proposer des lots à bâtir groupés dans le village, la commune a acquis – avec l’aide de l’EPFL Pays basque – un terrain à proximité immédiate de la place, de l’école et de la mairie. Le site, adossé à l’église inscrite aux monuments historiques et bordé par un affluent de la Nive des Aldudes,
impose l’étude poussée des aspects paysagers, architecturaux et environnementaux du projet.
Afin de fixer des exigences de forme urbaine, le C.A.U.E 64 a proposé aux élus un temps de sensibilisation sur le lotissement. Le Conseil municipal a validé une densité objectif de 15 logements/ha, et engagé une mission de maîtrise d’œuvre associant un architecte du patrimoine et un géomètre, qui
travailleront depuis le plan d’aménagement et le cahier des charges architectural des constructions, jusqu’à l’accompagnement des futurs permis
de construire.
Le projet propose de limiter au maximum l’artificialisation des sols, de créer des chemins piétons pour rejoindre le village, de conserver un espace naturel et collectif au contact des berges, et d’inclure les abords paysagers dans les travaux de viabilisation communaux. Mais surtout, il fixe des principes communs pour l’implantation des maisons, leur composition et leur rapport
à la rue.

« Le projet a l’ambition de prolonger la morphologie du village dans son caractère patrimonial. C’est d’abord par le choix minutieux de la forme urbaine que l’on pourra tisser un lien ; mais c’est aussi par la reconnaissance et le respect d’un site naturel sensible. »
Vincent DUCARRE, Architecte à l’Atelier Lavigne (mandataire de la mission de MOE)

Les espaces publics au cœur de la stratégie de revitalisation urbaine

Depuis le lancement du programme Petites Villes de Demain (PVD) par l’État en 2020, le C.A.U.E 64 mobilise ses compétences pour accompagner les collectivités lauréates du département dans la construction de leur projet territorial et sur la mise en place d’études stratégiques (étude plan
guide notamment). Ces dernières peuvent porter globalement sur la programmation urbaine du bourg ou plus spécifiquement sur des thèmes tels que les mobilités douces ou la valorisation du patrimoine. Elles permettent d’approfondir les stratégies et d’articuler le projet d’aménagement
de l’espace public. Ce dernier est souvent le préalable à l’amélioration globale du cadre de vie et influe directement sur l’évolution de l’habitat ou la revitalisation des commerces.
Faisant le constat d’un vieillissement global des espaces publics, les élus locaux comme les citoyens se sont mobilisés autour de ces projets afin de co-construire des espaces plus adaptés et donner une image en accord avec la qualité de vie dans ces trois villages. Ont émergé des attentes, parfois contradictoires, sur la convivialité, la place de l’arbre, la sécurité des piétons, l’accessibilité aux commerces, le stationnement… La prise en compte de tous ces aspects n’est pas toujours évidente et des choix sont souvent nécessaires. Pour y arriver, les trois projets de la CCNEB ont fait appel à des démarches participatives développées ou soutenues par les services de la CCNEB. Ces animations citoyennes, souvent initiées par le C.A.U.E, ont permis une meilleure prise en compte des attentes des citoyens, complété l’approche technique et éclairé les élus sur
les décisions à prendre. L’autre point commun est la place donnée aux enjeux de transition écologique dans la conception du projet : préservation du patrimoine arboré existant, réflexion sur une gestion alternative des eaux pluviales et sur la desimperméabilisation des sols, prise en compte du multi-usage de l’espace, autant de paramètres qui ont guidé le dessin. Ces projets exigeants et ambitieux partagent une approche technique et financière complexe requerrant une mise en œuvre par phases successives de travaux et nécessitant une certaine marge d’adaptation.
Le C.A.U.E 64 s’est particulièrement investi dans les projets des trois communes PVD du territoire de la CCNEB. Durant l’année 2024, il a participé aux nombreux débats contribuant à l’évolution des projets et a aussi épaulé les maîtrises d’ouvrage et leurs services sur les temps de validation des différents scénarii ou sur les questions programmatiques restées en suspens. Aujourd’hui le territoire se dote de trois projets qui, à terme, changeront la physionomie de ces centralités.

« Ces projets exigeants, portés par les élus et soutenus par la Communauté de communes et ses partenaires tel que le C.A.U.E, mettent en
lumière les enjeux contemporains de transition écologique, de partage de l’espace, et de maintien de l’attractivité de nos bourgs. »
Thierry CARRÈRE , Président de la communauté de communes Nord Est Béarn

« Prendre soin des espaces publics, les faire évoluer au gré des ambiances qu’on souhaite donner à voir et donner à vivre, est essentiel à l’amélioration
du cadre de vie et à l’attractivité des centres-bourgs. »
Alyzé DE LA MONNERAIE, Cheffe de projet P.V.D communauté de communes Nord-Est-Béarn

Rénovation d’une etxe

Arraute est un village-rue situé sur une ligne de crête, à mi-distance sur l’ancienne route de Saint-Palais à Bidache. C’est cette partie du village
qui s’est développée, Charritte restant peu urbanisé autour de sa chapelle. Le village fait partie de la Basse-Navarre et compte 406 habitants. À proximité du site se trouvent la mairie, l’église, le fronton requalifié, la salle communale et le groupe scolaire (110 élèves).
La commune est déjà propriétaire de plusieurs logements communaux et souhaite renforcer son parc. L’opération concerne la ferme Idiart, etxe typique du XVIIIe s. en pays de Mixe (voir le livret de l’habitat traditionnel Mixe-Arbéroue-Ossès). Elle possède la particularité de réunir de part et
d’autre de l’eskaratz les anciens logis du propriétaire, et du métayer qui exploitait les terres.
En partenariat avec l’ingénierie aux communes de la CAPB, le C.A.U.E 64 accompagne la commune dans son projet. Sur la base d’une faisabilité réalisée par SOLIHA, un marché de MOE a été lancé et une équipe menée par Battitt Bordenave, associé à Coudeneau architectes, a été recrutée. Le projet développe huit logements locatifs sociaux (4 T2 et 4 T3) dans la ferme et la grange.
L’exte est construite avec une structure mixte d’ossature bois intégrée aux murs en moellons au rez-de-chaussée, ce qui rend sa réhabilitation plus
délicate. Les désordres sont traités et le bâtiment stabilisé à travers le projet qui réinterprète habilement le traitement de la façade principale.

Réhabilitation d’une école

Géus-d’Arzacq est une charmante commune rurale de 249 habitants caractérisée par un paysage ouvert et doucement vallonné. Le tissu bâti est
principalement localisé sur les parcelles qui bordent la route principale où se trouvent également les équipements publics.
L’école maternelle étant devenue trop petite et inconfortable, la commune pensait en construire une nouvelle sur le terrain communal adjacent. Le C.A.U.E 64 a proposé un scénario différent : celui de la rénovation et de l’extension du bâtiment existant. En plus d’offrir un coût financier et environnemental moins élevé, il permet de restructurer les espaces publics, de favoriser les mobilités douces tout en assurant le stationnement
nécessaire, et d’offrir une aire de jeux végétalisée pour la commune et l’école.
Dès la phase de pré-diagnostic et de sensibilisation, le groupe de projet était composé d’élus, d’usagers de l’école (enseignante et ATSEM) ainsi que de
quatre habitants du village de différentes générations. Les riches échanges ont pu se prolonger pendant la définition des orientations programmatiques, le recrutement de l’équipe de maîtrise d’œuvre (MOE) jusqu’aux réunions de présentation des différentes phases d’étude.
Grâce à une équipe de MOE expérimentée dans les approches frugales (JL. Dumoulein architecte, Pays&Paysages paysagiste, Rekobat BE
thermique), l’extension de l’école associée à une nouvelle répartition des espaces existants, amélioreront les usages et le confort. De même, la cour d’école et les espaces publics adjacents seront recomposés pour plus de convivialité, de fonctionnalité et un environnement amélioré.

« Nous avions un état des lieux, mais que voulions- nous collectivement ? Le C.A.U.E 64 nous a accompagné dés le pré-diagnostic, réalisant un travail de collecte et de synthèse pour faire éclore les attentes d’un groupe projet très divers. Le résultat, un projet inattendu mais adapté et partagé par les élus, mais aussi les financeurs institutionnels car pérenne par le maintient de notre école en zone rurale, pour la vie en communauté et pour la nature. »
Daniel PEDEGERT, Maire de Géus-d’Arzacq

Accompagner un projet de logements

La commune de Lasse (337 habitants), à proximité de Saint-Jean-Pied-de-Port, a sollicité l’EPFL PB pour l’acquisition et le portage d’un bien, situé à
l’extérieur du village, que la SAFER a préempté. Le bien est composé d’une ancienne etxe, ferme-bloc traditionnelle du Pays Basque datant du XVIIIe s., d’une maison d’habitation datant de la fin du XIXe ou du début du XXe s., et d’un terrain agricole. La trajectoire de construction d’un logis plus confortable que la ferme ancienne est courante (et décrite dans les livrets de l’habitat traditionnel Cize-Baïgorry-Ostibarret et Mixe-Arbéroue-Ossès).
L’EPFL PB, dans le cadre de son partenariat, a demandé au C.A.U.E 64 une pré- faisabilité capacitaire qui a permis de déterminer, en accord avec la commune, une répartition de logements et de typologies adaptés aux besoins du territoire. Le foncier agricole a été cédé à des agriculteurs locaux pour maintenir sa vocation. L’EPFL PB a ensuite pris contact avec des opérateurs et le COL a pris en main le projet. Le C.A.U.E 64 a contribué à l’élaboration du cahier des charges, sur la base du programme issu de la pré- faisabilité. Le C.A.U.E 64 a ensuite participé au processus de recrutement d’une équipe de MOE (analyse des offres, auditions), puis au lancement des études menées par J.L. Dumoulein architecte. Six logements T3 et T4 seront bientôt créés et commercialisés en Bail Réel Solidaire. Un local commun (studio d’amis / famille, espace de travail / coworking) est en réflexion.

Création d’une aire de sports loisirs accolée au bourg

Le bourg d’Audaux (200 hab.) est implanté dans la plaine du Gave d’Oloron, lequel coule au pied du majestueux château de Gassion (XVe s.), ornement du village. Le bourg est bâti au milieu d’anciennes barthes dont il subsiste quelques traces encore visibles dans les champs et prairies. Il a conservé sa forme bien délimitée, ceinturée de rues bordées de canaux et autrefois de jardins, aujourd’hui occupés par les cultures de rapport, qui ont peu à peu supprimé les bocages. C’est dans une de ces parcelles toutes proches du bourg que fut construite à la fin du XXe s. une salle de sport intercommunale victime de son succès : les rencontres de basket génèrent une affluence telle que la municipalité a souhaité, dans un premier temps, offrir une aire de stationnement avec un accès extérieur afin de désengorger le village. Aidée du C.A.U.E 64, elle a réfléchi à la valorisation de l’ensemble de la parcelle, en intégrant les besoins des usagers et la gestion de l’eau de ruissellement, à l’origine de nombreux désordres dans le bâtiment et ses abords. Un duo technicien en voirie-réseaux (ADING) et paysagiste-concepteur (LILIKA) a répondu en proposant une aire de détente et de stationnement dans un esprit «nature», en gestion alternative des eaux pluviales, où les barthes sont réhabilitées. Les mouvements de sol et les bouquets de plantations contribuent à drainer l’eau tout en créant des ambiances naturelles où les sportifs, les visiteurs et les habitants seront agréablement accueillis.

« Très contente de l’accompagnement et des bons conseils du C.A.U.E 64 qui ont permis de produire un dossier bien construit où tous les éléments sont présents pour aller jusqu’au bout. »
Kattalin QUENTIN, Maire d’Audaux

Révéler et préserver : une démarche collective pour Mendiburua

Située en hauteur, comme l’indique son nom d’origine, la ferme de Mendiburua a permis à la commune de Villefranque d’y développer deux
axes de projets : la création de dix logements sociaux portés par un bailleur, et la valorisation des terres agricoles, idéalement situées à proximité du
centre-bourg.
Le C.A.U.E, en collaboration avec le CPIE, a accompagné les élus de Villefranque dans la découverte de ce site d’exception. Cette immersion sur
le terrain, sous forme de déambulation partagée, a permis de croiser les regards et d’enrichir la connaissance du lieu, en révélant son potentiel ainsi
que les détails de son patrimoine bocager et topographique. Le diagnostic réalisé in situ, a mis en lumière l’intérêt de développer un axe pédagogique,
avec des aménagements pensés pour sensibiliser les scolaires, les familles et les associations à la richesse des paysages et des écosystèmes locaux. Ces réflexions ont également soulevé la question essentielle de l’équilibre à trouver entre la préservation du patrimoine naturel et son ouverture au
public. Les élus ont souhaité que ce site emblématique, riche de son héritage agricole, puisse être réapproprié par les habitants. L’objectif : faire de l’Etxe de Mendiburua un espace vivant, à la fois écologique, pédagogique et ouvert à tous.
Accueillir, révéler, préserver : tels sont les maîtres-mots qui guideront le projet entrepris. La commune souhaite faire de Mendiburua un lieu de
contemplation, de transmission et de découverte, en lien étroit avec son histoire. Ainsi, cette dynamique s’inscrira dans une volonté de participation
citoyenne. Le site a été ouvert à l’association Milaguntza, porteuse d’un projet de verger, en parfaite cohérence avec l’esprit du lieu et sa vocation
nourricière d’autrefois.

 » Le projet de la commune de Villefranque était un cas d’école, qui nous a permis de lancer une première collaboration technique avec
le CAUE. Le résultat ? une vraie réussite qui a validé une méthodologie d’intervention coconstruite, une vision commune et la complémentarité de nos
compétences. Et donc, un travail que nous souhaitons poursuivre dans un avenir proche.’’
Philippe INARRA, Directeur du CPIE Pays Basque

Aménagement des berges en rive droite du Gave

Sise dans la plaine du Gave de Pau, la bastide de Nay est établie le long des rives du Gave. Aujourd’hui cette commune de 3500 âmes retrouve peu à peu un lien avec sa rivière, notamment pour permettre aux habitants de disposer d’espaces naturels pour la détente et les activités sportives de loisirs.
En 2024, la municipalité s’est tournée vers le C.A.U.E pour l’aider à fixer ses choix et à définir une démarche de valorisation sur un linéaire de 2 km de berges en rive droite, depuis le pont d’entrée de la ville. Avec l’appui du dispositif Petite Ville de Demain, la municipalité a bâti un préprogramme
d’aménagement sur ce linéaire. Elle a ensuite lancé une consultation pour choisir une équipe de conception de paysage en milieu naturel inondable, en
vue d’un projet frugal et facile d’entretien. L’agence retenue, Pays&Paysages, a présenté un projet d’ensemble en novembre 2024, phasé pour permettre une réalisation cohérente dans le temps en fonction des moyens du Maître d’Ouvrage. Le projet permet d’enrichir l’offre de jeux en place, notamment envers les plus petits, la promenade piétonne et vélo, et les accès aux équipements tels que la Minoterie ou la station de canoé-kayak. Elle met en valeur les différents éléments présents sur le site, comme les alignements arborés, la végétation de berge, l’ancien lavoir et trace un fil conducteur le long de la berge permettant de découvrir de beaux points de vue sur le Gave. Une balade qui en met plein la vue !

 » Une belle proposition de promenade qui permettra aux habitants de mieux pratiquer ce site emblématique de la ville tout en préservant la nature. »
Marie BOURRET, Cheffe de projet PVD

L’adaptation aux changements climatiques, l’exemple d’Etsaut

Au sud de la vallée d’Aspe, le village d’ETSAUT abrite 63 habitants, au cœur de la montagne, à la confluence du ruisseau du Sadum et du gave d’Aspe. Dans la nuit du 7 septembre 2024, le village a été touché par un évènement climatique majeur. Des pluies diluviennes ont fait déborder les cours d’eau : le Sadum, busé sous la place du village depuis les années 1960, est sorti de son lit pour se déverser dans le bourg, en transportant de nombreux sédiments. Après une période de gestion de l’urgence, la municipalité et le Département 64 ont sollicité le C.A.U.E 64 afin de réfléchir au devenir de la place. La réouverture à ciel ouvert du Sadum est au centre de la réflexion. Plus largement, la question de la gestion de l’eau a été approfondie afin de s’adapter aux changements climatiques.

La renaissance d’une prairie arborée en cœur de bourg

Au cœur de la plaine de Nay, la commune de Rontignon offre la particularitéde posséder une exceptionnelle prairie arborée au cœur même du bourg, à côté de l’école et de la mairie. La Cassourade, espace verdoyant et piétonnier, protégé des voitures, calme, ombragé, entouré de canalets anciens et proche de toutes les commodités du bourg, se retrouve au centre d’un ensemble de projets à caractère sportif ou de loisirs : stade, véloroute, BMX… La commune, encouragée par la réussite de l’extension de l’école donnant sur les lieux, a souhaité offrir aux habitants, à commencer par les plus jeunes, un espace public de jeux innovant, en lien avec la cour de l’école. Peu à peu, elle a élargi son projet pour se saisir du potentiel du « prat » et le transformer en lieu de détente multigénérationnel et de convivialité, ouvert à tous, rafraîchissant en été, animé pour les uns, reposant pour les autres, et agréable en toutes saisons.
Après un temps de définition d’orientations programmatiques mettant l’accent sur les sols infiltrants, les aires de jeux « nature » et la création d’un kiosque multi-usages, la commune, accompagnée par le C.A.U.E 64, a confié le projet à une équipe de paysagistes-concepteur et architecte, expérimentée dans les approches « frugales » où la nature est source de solutions. À la
fois créatif et respectueux du site, le projet offre des espaces de détente, des jeux pour enfants en lien avec l’école, un parcours ludo-acrobatique, une petite halle multifonctionnelle, un espace ados, des cheminements doux et des liaisons avec les abords, la requalification du lavoir, la valorisation des berges des canalets, un nouveau parvis pour le foyer communal…

« S’inspirer de l’âme naturelle de la Cassourade pour jouer, cheminer, grimper,
glisser, se cacher, se poser, manger. Des aménagements simples, guidés par la composition végétale du site, la proximité des infrastructures existantes et la dynamique des élus et habitants pour avoir un espace de rencontre et d’échange requalifié. »
Charlotte FONTAN, Paysagiste

La requalification des abords du fronton d’Atherey

Située en Haute-Soule, la commune de Licq-Athérey se compose de deux petits bourgs reliés par le Gave du Saison et la route départementale Tardets -Larrau. Dans un léger élargissement de la vallée, le petit village d’Athérey égrène ses fermes et sa minuscule église au pied des premières montagnes et des « chapeaux de gendarme » de la Haute-Soule, dans un paysage agro- pastoral de fort caractère.
En avant du village, proche du gave auquel il est relié par un petit chemin, le fronton place libre nécessitait une augmentation de l’offre de jeu et un « toilettage » de ses abords pour le rendre plus accueillant, afin de retenir les habitants et d’attirer les visiteurs en quête de calme et de détente « nature ».
Confié à une agence de paysagiste-concepteur, le projet joue sur la créativité, la frugalité et l’éco-responsabilité tout en révélant le site avec délicatesse. Définis et placés avec justesse, un jeu de boules, des structures de jeu naturelles en bois, des arbres, des conteneurs toujours présents mais « effacés », quelques places de stationnement en sol infiltrant, une noue pour les eaux de ruissellement, un accès au gave tout en douceur, une placette ombragée devant le gîte attenant au fronton… cisèlent ses abords comme un petit jardin en pleine nature.

« La commune souhaite redynamiser le fronton d’Athérey, le gîte, le cœur du bourg, tout en valorisant les éléments remarquables du territoire. »
Peio Quihillalt, maire de Licq-Athérey

« Le projet a progressivement évolué grâce à l’implication de tous, aux nombreux échanges entre le maire, les conseillers et les habitants, le C.A.U.E 64 et la maîtrise d’œuvre. Il a bénéficié des possibilités de subventions qui permettent aux petites communes d’envisager des projets cohérents et innovants. C’est une aubaine pour le territoire, l’écologie, le partage, la pédagogie autour des éléments qui structurent le paysage. »
Maïa Agor, Lilika Paysage

Un plan de référence pour une vision prospective

A l’instar de nombreux territoires ruraux, la commune de Gabaston est essentiellement résidentielle. Pour autant, les élus souhaitent redonner de l’attractivité aux espaces publics et aux équipements de proximité, repenser les mobilités, maintenir et valoriser le caractère rural et agricole du territoire et réfléchir à un développement urbain contenu. Ils sont également convaincus que la prise en compte de la parole des habitants est importante.
Face à ces objectifs variés, le C.A.U.E 64 a accompagné les élus pour la consultation d’un prestataire en vue d’élaborer un plan de référence. Cet outil permettra de définir une vision prospective pour le développement et l’aménagement de Gabaston et constituera la contribution principale de la commune à l’élaboration en cours du PLUi.
L’équipe retenue, composée d’Horizon paysage & urbanisme, Réal programme, Vernet économie et Reshusra, a élaboré une véritable stratégie de revitalisation du centre-bourg et un plan d’actions.

« Alors que depuis le début du mandat de nombreuses attentes en matière de travaux ou d’aménagement alimentaient les conversations du conseil municipal, il nous a semblé intéressant de prendre du recul pour dégager une vision globale de l’avenir de notre commune et hiérarchiser les projets. Nous avons alors sollicité le C.A.U.E 64 qui nous a présenté la démarche de plan de référence. Celle-ci nous est apparue adaptée à notre attente. Un an à peine après le lancement de la démarche, le conseil municipal s’est approprié le projet et engage les actions prioritaires. »
Guy Cazalet, maire de Gabaston

« Le C.A.U.E 64, dans son accompagnement en amont de l’étude, a permis de faire émerger avec les élus les principaux enjeux à (re)questionner à court, moyen et long terme. Ce travail préalable a ainsi servi de canevas tout au long du processus d’élaboration du plan de référence communal. »
Bénédicte Ciry, Horizon Paysage & urbanisme

La restructuration paysagère d’un Parc d’Activités Économiques

Le Parc d’Activités Économiques (PAE) du Gabarn, situé sur la commune d’Escout, est l’un des 12 PAE gérés par la Communauté de communes du Haut
Béarn (CCHB).
Créé en 1989 en bordure de la RN134, sur des prairies humides entrecoupées de bosquets le long du cours d’eau « Gabarn », cet espace profite de l’effet entrée de ville. Ses 31 hectares sont à l’époque ciblés pour l’implantation d’entreprises industrielles ou artisanales, mais dans les faits, c’est une diversité d’activités qui s’y installe, mêlant des ilots d’habitats et formant un tissu où cohabitent activité agricole et espace résidentiel.
En 2020, l’incendie du bâtiment de la société STI, puis l’annonce de l’implantation d’une centrale d’enrobés classée ICPE (Installation classée pour l’environnement) ont mis ce site sur le devant de la scène. Au-delà des problèmes environnementaux soulevés, de nombreuses questions d’aménagement ont émergé.
Symbole de cet urbanisme forgé sur l’offre de fonciers économiques, ce site nous enseigne les insuffisances de ce modèle : qualité de vie altérée, mutations difficiles, etc.
Après un temps de concertation mené par l’APESA (Centre technologique au service des transitions – site de Lescar), en collaboration avec le C.A.U.E 64 et les services de la CCHB, ce projet de restructuration devra aller plus loin que la simple amélioration des voiries. C’est-à-dire apporter une véritable qualité paysagère et urbaine, recréer un lien avec le parcours de l’eau et réarticuler les infrastructures autour d’une armature paysagère.

« Sous nos conseils, la CCHB s’est donc engagée dans une étude de restructuration combinant embellissement, gestion des eaux pluviales et réorganisation du site avec une végétalisation des espaces artificialisés et une renaturation des franges notamment d’un bras du Gabarn. »
Xalbat ETCHEGOIN, urbaniste conseiller du C.A.U.E 64

Un plan guide pour répondre aux exigences du ZAN et du PLUi

Dans le cadre du partenariat avec la CAPB, le C.A.U.E 64 accompagne la commune de Jaxu, 195 habitants, proche de Saint-Jean-Pied-de-Port, pour réfléchir au développement du village dans la perspective du ZAN et de l’élaboration du PLUi. Les élus s’interrogent sur l’évolution des mobilités, la requalification des espaces publics, l’intégration des équipements et le devenir de terrains aujourd’hui urbanisables.
Jaxu possède de nombreux atouts qui font la qualité de son cadre de vie : environnement naturel, calme, bâti ancien remarquable, salle polyvalente récemment rénovée. Mais, bien qu’à l’écart des principaux flux routiers, les espaces publics n’offrent pas un confort à la hauteur des attentes des habitants.
Pour y répondre, le C.A.U.E 64 et la CAPB ont donc participé à la mise en œuvre de la consultation pour un plan guide qui permette aux élus et aux habitants
de se projeter dans une vision d’ensemble cohérente et ambitieuse. Cet outil leur donnera matière pour hiérarchiser et programmer les investissements
nécessaires dans le temps.
C’est l’Atelier Lavigne qui a été retenu pour la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Diagnostic et scénarios ont été présentés et co-construits avec les habitants et les élus sous forme d’ateliers. Le C.A.U.E 64 et l’ingénierie aux communes de la CAPB suivent l’avancement des études en apportant leur expertise technique dans les domaines de l’aménagement, des espaces publics, et aussi en termes réglementaires et de financements.

Dynamiser un centre-bourg

Castetnau-Camblong est un village au patrimoine bâti traditionnel remarquable qui compte 458 habitants. Situé sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, son centre-bourg est resserré autour de la place du village, identifiable par les platanes qui la composent. Les bâtiments publics s’organisent autour de la place (mairie, église, école, cantine), créant un véritable cœur de bourg vivant et traversé plusieurs fois par jour par les
écoliers. Cependant, le caractère routier des espaces publics, dédiés à la voiture, pénalise les lieux et le seul commerce du village, situé sur la place, a
fermé ses portes récemment.
Après avoir rénové les bâtiments publics et le cimetière de la commune pendant les mandats précédents, la municipalité a souhaité sur ce mandat poursuivre la redynamisation du centre-bourg avec notamment l’amélioration des espaces publics, la réhabilitation du commerce du village et l’aménagement de la cour d’école. Elle a fait appel aux conseils du C.A.U.E 64 afin de l’aider dans sa réflexion.
Après une visite du site et des échanges avec les élus, le C.A.U.E 64 a présenté un pré-diagnostic et des préconisations pour le projet. Les besoins
de la commune et les exigences de qualité ont ainsi été affinés. S’en est suivi le recrutement d’une équipe de maîtrise d’œuvre, accompagné par le C.A.U.E 64 (Atelier du Dehors paysagiste-concepteur, Lantoki architectes, Ading, Intersections). Les habitants ont été mobilisés lors de la phase de diagnostic et seront associés tout au long de la conception du projet. Ledit projet prévoit de repenser les espaces publics au profit des piétons et des écoliers, de rénover le commerce pour y installer un café multiservices et d’agrandir, végétaliser et rendre ludique la cour d’école. Le C.A.U.E 64 restera aux côtés de la commune pendant la phase de conception du projet qui se poursuivra sur l’année 2024.

« L’intervention du C.A.U.E 64 nous a permis de bien structurer et rationaliser notre projet d’ensemble et de mieux prendre en compte la qualité architecturale, environnementale et paysagère de ce projet. »
Patrick BALDAN, Maire de Castetnau-Camblong

« L’accompagnement du C.A.U.E 64 permet de développer des projets au sein desquels le bien commun peut opérer dans des conditions
optimales. »
Guillaume BESNIER, Ingénieur Paysagiste, Atelier du Dehors

Un plan guide comme aide à la décision

L’EPFL PB – Établissement public foncier local du Pays basque – a acquis cinq biens sur la commune d’Ascarat (317 habitants), à proximité de Saint-Jean-
Pied-de-Port. Trois d’entre eux sont du bâti ancien : Harispia, à forte valeur patrimonialeavec une procédure de classement monument historique en cours, et qui est très exposé ; le second, situé à l’arrière de l’église, est en mauvais état ; le dernier est à l’extérieur du bourg. Les trois possèdent une réserve foncière potentiellement constructible.
Deux terrains non bâtis complètent le portage de l’EPFL pour le compte de la mairie. Ils sont situés à l’entrée du bourg et représentent environ 5 000 m2 urbanisables. Devant le fort potentiel de production de logements et de ser- vices que constitue cet ensemble, il a été décidé de lancer une étude urbaine afin de mieux cerner la programmation, les faisabilités et les contraintes, mais aussi les répercussions sur le fonctionnement du village en termes d’équipements, de réseaux, d’accès et d’espaces publics.
Le C.A.U.E 64 a réalisé un pré-diagnostic et une première approche capacitaire sur deux biens bâtis, ce qui a permis de confier directement le plus excentré à un opérateur et d’engager des travaux de sauvegarde sur celui de l’église. Il a également orienté la réflexion sur le bien patrimonial en direction d’une
ouverture au public, sous gestion privée. Le C.A.U.E 64 a ensuite produit, en partenariat avec l’EPFL PB et la CAPB (Communauté d’Agglomération Pays basque), le cahier des charges de l’étude ainsi que le règlement de la consultation, au premier semestre 2024.

« Pour les fonciers portés par l’EPFL, le partenariat C.A.U.E 64 / EPFL Pays Basque permet d’impulser la mise en opérationnalité de projets publics. En ce sens, les compétences architecturales, paysagères et patrimoniales assistent, avec méthode et pragmatisme, les décideurs locaux. Le cas particulier d’Ascarat a permis de mobiliser des savoir-faire techniques, tant sur une approche capacitaire des fonciers, que sur la structuration d’une consultation d’architectes pour une étude de type plan-guide. »
Ugo Moulia, EPFL Pays-Basque

Un défi urbain, renouer avec la rivière

L’image de carte postale de Saint-Palais, une façade de pierre reflétée dans la Bidouze, semble figée dans le temps : émergences de l’église Saint-Paul et
du Palais de Justice rappelant la capitale des États de Navarre, romantisme des vieux murs et des ruines gagnées par la végétation. Les archives récentes nous apprennent que le rapport de la ville à la rivière fut aussi riche d’activités : un moulin, une minoterie, un embarcadère, un lavoir, des bains, tout cela était présent sur les quelques dizaines de mètres d’une petite impasse, aujourd’hui à l’écart de la vie du centre-bourg. L’ancien hangar en briques, seul édifice toujours intact, a quant à lui servi jusque dans les années 1980
de lieu des fêtes de village.
La municipalité envisage une stratégie pour réactiver ces espaces publics délaissés, réaffirmer de nouveaux liens avec la rivière : terrasses, promenades, pontons, salle communale… Le site de « l’ancienne minoterie » sera le projet témoin de cette stratégie,
qui pourrait ensuite se déployer à une échelle plus large sur l’autre rive, dans la « boucle de la Bidouze ».
A cette échelle, l’enjeu serait pour la commune d’offrir une solution alternative au transit routier, une connexion douce pour relier les quartiers d’habitat aux équipements publics, au-delà de la route départementale. La faisabilité d’un franchissement piéton de la rivière doit être étudiée et le parcours adossé à une mise en valeur paysagère de la rive droite, zone inondable et milieu sensible. L’objectif n’est pas d’aménager les berges, mais peut-être de sensibiliser au patrimoine naturel et de permettre des occupations légères et transitoires, qui puissent se confirmer avec le temps et les usages.

« Nous avons sollicité le C.A.U.E 64 pour avoir une vision extérieure sur notre projet. Un travail de réflexion et d’étude a été fait, et nous avons pu projeter des solutions sur un espace de la commune aujourd’hui ignoré qui tournait le dos à la rivière. Un nouveau regard sur le patrimoine, l’histoire et le tourisme donnera à la ville un nouveau cachet. »
Charles Massondo, Maire de Saint-Palais

Une étude urbaine impliquant des étudiants

L’Établissement public foncier local du Pays basque (EPFL PB) accompagne la ville de Cambo-les-Bains dans le cadre de l’élaboration d’un référentiel foncier. Cet outil cherche à identifier les terrains mutables, dans une optique de réserve foncière, pour ne pas subir les effets de la spéculation immobilière, frein à la production de logements abordables pour les actifs du territoire. Il est propriétaire de l’ancien sanatorium Beaulieu, bâtiment emblématique de l’architecture thermale des années 1920, gravement endommagé par un incendie. 
Dans le cadre de son partenariat avec l’EPFL PB, le C.A.U.E 64 a proposé de mettre en place une étude à l’échelle de la commune, afin d’inscrire le référentiel foncier dans une perspective de projet de territoire, architectural, urbain et paysager, et d’envisager la réhabilitation de Beaulieu. Pour cela, les étudiants du Diplôme de Spécialisation et d’Approfondissement (DSA) architecte-urbaniste de l’École d’architecture de la ville & des territoires
Paris-Est ont été sollicités. Un groupe de quatre étudiants en post-master, encadrés par des professeurs renommés, a travaillé un semestre sur le sujet.
Outre les restitutions qui ont permis de donner une vision du développement raisonné de la commune et ses déclinaisons architecturales, ce temps de l’étude a été l’occasion pour les élus de s’impliquer dans le devenir urbain et de poser les bases d’une vaste réflexion qui se prolonge dans la démarche d’Opération de Revitalisation du Territoire (ORT).

« La commune de Cambo-les-Bains a participé à l’étude urbaine menée par les étudiants du DSA
sur proposition du C.A.U.E 64 et de l’EPFL PB. Outre l’apport technique de définition à différentes échelles, cette étude, et notamment les moments de restitution avec les étudiants, a permis de donner une dynamique et d’impliquer les élus du conseil municipal dans la réflexion prospective sur le devenir de la ville. »
Alexandre MONDIN, DGS, Mairie de Cambo-les-Bains

Une opération Cœur de Village

Dès 2017, avec la concrétisation d’un plan guide d’aménagement, la commune de Béhasque-Lapiste travaille et met en œuvre son projet de centre-bourg.
En 2019, soutenue par le C.A.U.E 64 et le service ingénierie aux communes de la CAPB, elle démarre l’opération Cœur de village et, depuis, adapte son plan d’ensemble aux évolutions, aux besoins et aux opportunités de financement. 2023 a été l’année des célébrations avec l’inauguration de la nouvelle mairie et de la place qui ont radicalement transformé le paysage et la traversée du centre-bourg. S’est ajoutée une salle associative aux lignes architecturales contemporaines, trait d’union entre l’héritage des bâtis du Pays de Mixe et les exigences de la RE2020.
L’originalité de ce projet urbain tient aussi à sa complexité. C’est tout un jeu de redistribution des bâtiments et de leurs usages qui a été imaginé afin de trouver l’organisation optimale. Les espaces libérés par l’ancienne mairie (rez-de-chaussée) et le logement vacant de l’étage, ont, par exemple,
été réaffectés pour servir l’équipement scolaire mitoyen administré par l’enseignement catholique.
Cette action de rénovation urbaine, indispensable pour maintenir une vitalité dans le centre du village, se construit dans le strict respect du cadre réglementaire et dans un esprit partenarial avec les gestionnaires du site et les bénéficiaires.

« La première phase du projet Cœur de bourg est à ce jour terminée que nous œuvrons déjà avec l’appui du C.A.U.E 64, de la CAPB et de l’EPFL sur les prochaines étapes : restructuration de bâtis existants, anticipation sur de la maîtrise foncière et réflexion autour d’un nouvel équipement à destination des associations locales. »
Gabriel BELLEAU, Maire de Béhasque-Lapiste