Logements, les espaces extérieurs prolongent la qualité de l’habitat
La municipalité de Garris souhaitait travailler sur les espaces publics aux abords de la maison Boloki (un jardin partagé), en même temps que se précisait son projet de reconversion en logements collectifs. Grâce au portage foncier de l’E.P.F.L Pays-Basque et à l’étude de faisabilité de SOLIHA, la programmation des 7 logements pouvait être validée et la consultation de maîtrise d’œuvre lancée. Pour ce faire, la commune faisait appel à la mission d’ingénierie de la Communauté d’agglomération. Pays Basque et au conseil du C.A.U.E, travaillant de concert pour lui apporter une expertise complémentaire. Dans le contexte patrimonial et paysager du foirail de Garris, en face du fronton et en lisière des chênes séculaires, la réussite du projet dépendait des liens que tisseraient les logements avec leur environnement proche et de la couture avec les espaces publics existants.
De nombreuses questions devaient être abordées : comment insérer les stationnements en bordure du foirail ? où situer les accès des logements ? comment gérer les limites de l’espace privé et collectif ? quel type d’espaces extérieurs pour prolonger les logements ? L’équipe de maîtrise d’œuvre (Agence Elisabeth Gauche architecte, Lilika Maia Agor paysagiste) s’est attachée à poursuivre les orientations définies avec les élus.
L’ancien jardin à l’est de la maison est ouvert, en sélectionnant la végétation et en effaçant la haie, pour retrouver un lien visuel avec le village. Des stationnements et un espace commun y sont aménagés. Des jardins partagés sont prévus à l’arrière.
Les abords de la route de Karranka sont redessinés, pour dégager un grand espace public en lien avec le fronton et accueillir des espaces de convivialité et de jeux, s’étirant le long du chemin de Saint Jacques de Compostelle.
Les caractères paysagers du foirail sont confortés aux abords de la maison : vastes pelouses, présence d’ombre, espace non cloisonné et appropriable par tous.
Réhabilitation de la mairie
La nouvelle mairie de Came s’est installée en juin 2025 dans une maison en pierre singulière et connue de tous. La mairie s’ouvre sur la place du village et dialogue naturellement avec la salle des fêtes, l’école, le vieux bourg et l’église. Le projet de la maison « Saubade », soutenu par l’E.P.F.L Pays-Basque et accompagné par le C.A.U.E, pour la programmation et la consultation de maîtrise d’œuvre, se distingue aujourd’hui par sa réhabilitation engagée et son extension discrète. En façade de cette maison-grange du XIXème siècle, pas d’ascenseur en verre ou d’escalier métallique rajoutés de manière ostentatoire. En revanche à l’intérieur, une charpente remarquable à fermes-chevrons croisés orne la salle du conseil, des enduits chaux-chanvre réchauffent les murs anciens et les dalles en pierre de Bidache sur lit de sable ont été restaurées et conservées.
La technicité fait bon ménage avec les vieilles recettes : isolation de toiture en sarking de fibre de bois, volets bois anciens conservés et rénovés, pompe à chaleur air-eau alimentant des panneaux rayonnants à eau chaude, caissons de planchers isolés en ouate de cellulose… Le maître d’ouvrage, épaulé par l’équipe de maîtrise d’œuvre, Jean-Louis Dumoulein architecte, et les artisans qui ont réalisé les travaux, démontre ainsi qu’il est possible de reconvertir un bâtiment patrimonial avec des matériaux biosourcés, tout en exigeant une haute performance environnementale.
La mairie atteint un niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC Rénovation). Les matériaux biosourcés et géosourcés représentent 40% des matériaux mis en œuvre pour la réhabilitation.
Rénovation d’une etxe
Arraute est un village-rue situé sur une ligne de crête, à mi-distance sur l’ancienne route de Saint-Palais à Bidache. C’est cette partie du village
qui s’est développée, Charritte restant peu urbanisé autour de sa chapelle. Le village fait partie de la Basse-Navarre et compte 406 habitants. À proximité du site se trouvent la mairie, l’église, le fronton requalifié, la salle communale et le groupe scolaire (110 élèves).
La commune est déjà propriétaire de plusieurs logements communaux et souhaite renforcer son parc. L’opération concerne la ferme Idiart, etxe typique du XVIIIe s. en pays de Mixe (voir le livret de l’habitat traditionnel Mixe-Arbéroue-Ossès). Elle possède la particularité de réunir de part et
d’autre de l’eskaratz les anciens logis du propriétaire, et du métayer qui exploitait les terres.
En partenariat avec l’ingénierie aux communes de la CAPB, le C.A.U.E 64 accompagne la commune dans son projet. Sur la base d’une faisabilité réalisée par SOLIHA, un marché de MOE a été lancé et une équipe menée par Battitt Bordenave, associé à Coudeneau architectes, a été recrutée. Le projet développe huit logements locatifs sociaux (4 T2 et 4 T3) dans la ferme et la grange.
L’exte est construite avec une structure mixte d’ossature bois intégrée aux murs en moellons au rez-de-chaussée, ce qui rend sa réhabilitation plus
délicate. Les désordres sont traités et le bâtiment stabilisé à travers le projet qui réinterprète habilement le traitement de la façade principale.
Réhabilitation d’une école
Géus-d’Arzacq est une charmante commune rurale de 249 habitants caractérisée par un paysage ouvert et doucement vallonné. Le tissu bâti est
principalement localisé sur les parcelles qui bordent la route principale où se trouvent également les équipements publics.
L’école maternelle étant devenue trop petite et inconfortable, la commune pensait en construire une nouvelle sur le terrain communal adjacent. Le C.A.U.E 64 a proposé un scénario différent : celui de la rénovation et de l’extension du bâtiment existant. En plus d’offrir un coût financier et environnemental moins élevé, il permet de restructurer les espaces publics, de favoriser les mobilités douces tout en assurant le stationnement
nécessaire, et d’offrir une aire de jeux végétalisée pour la commune et l’école.
Dès la phase de pré-diagnostic et de sensibilisation, le groupe de projet était composé d’élus, d’usagers de l’école (enseignante et ATSEM) ainsi que de
quatre habitants du village de différentes générations. Les riches échanges ont pu se prolonger pendant la définition des orientations programmatiques, le recrutement de l’équipe de maîtrise d’œuvre (MOE) jusqu’aux réunions de présentation des différentes phases d’étude.
Grâce à une équipe de MOE expérimentée dans les approches frugales (JL. Dumoulein architecte, Pays&Paysages paysagiste, Rekobat BE
thermique), l’extension de l’école associée à une nouvelle répartition des espaces existants, amélioreront les usages et le confort. De même, la cour d’école et les espaces publics adjacents seront recomposés pour plus de convivialité, de fonctionnalité et un environnement amélioré.
« Nous avions un état des lieux, mais que voulions- nous collectivement ? Le C.A.U.E 64 nous a accompagné dés le pré-diagnostic, réalisant un travail de collecte et de synthèse pour faire éclore les attentes d’un groupe projet très divers. Le résultat, un projet inattendu mais adapté et partagé par les élus, mais aussi les financeurs institutionnels car pérenne par le maintient de notre école en zone rurale, pour la vie en communauté et pour la nature. »
Daniel PEDEGERT, Maire de Géus-d’Arzacq
Accompagner un projet de logements
La commune de Lasse (337 habitants), à proximité de Saint-Jean-Pied-de-Port, a sollicité l’EPFL PB pour l’acquisition et le portage d’un bien, situé à
l’extérieur du village, que la SAFER a préempté. Le bien est composé d’une ancienne etxe, ferme-bloc traditionnelle du Pays Basque datant du XVIIIe s., d’une maison d’habitation datant de la fin du XIXe ou du début du XXe s., et d’un terrain agricole. La trajectoire de construction d’un logis plus confortable que la ferme ancienne est courante (et décrite dans les livrets de l’habitat traditionnel Cize-Baïgorry-Ostibarret et Mixe-Arbéroue-Ossès).
L’EPFL PB, dans le cadre de son partenariat, a demandé au C.A.U.E 64 une pré- faisabilité capacitaire qui a permis de déterminer, en accord avec la commune, une répartition de logements et de typologies adaptés aux besoins du territoire. Le foncier agricole a été cédé à des agriculteurs locaux pour maintenir sa vocation. L’EPFL PB a ensuite pris contact avec des opérateurs et le COL a pris en main le projet. Le C.A.U.E 64 a contribué à l’élaboration du cahier des charges, sur la base du programme issu de la pré- faisabilité. Le C.A.U.E 64 a ensuite participé au processus de recrutement d’une équipe de MOE (analyse des offres, auditions), puis au lancement des études menées par J.L. Dumoulein architecte. Six logements T3 et T4 seront bientôt créés et commercialisés en Bail Réel Solidaire. Un local commun (studio d’amis / famille, espace de travail / coworking) est en réflexion.
Un plan guide comme aide à la décision
L’EPFL PB – Établissement public foncier local du Pays basque – a acquis cinq biens sur la commune d’Ascarat (317 habitants), à proximité de Saint-Jean-
Pied-de-Port. Trois d’entre eux sont du bâti ancien : Harispia, à forte valeur patrimonialeavec une procédure de classement monument historique en cours, et qui est très exposé ; le second, situé à l’arrière de l’église, est en mauvais état ; le dernier est à l’extérieur du bourg. Les trois possèdent une réserve foncière potentiellement constructible.
Deux terrains non bâtis complètent le portage de l’EPFL pour le compte de la mairie. Ils sont situés à l’entrée du bourg et représentent environ 5 000 m2 urbanisables. Devant le fort potentiel de production de logements et de ser- vices que constitue cet ensemble, il a été décidé de lancer une étude urbaine afin de mieux cerner la programmation, les faisabilités et les contraintes, mais aussi les répercussions sur le fonctionnement du village en termes d’équipements, de réseaux, d’accès et d’espaces publics.
Le C.A.U.E 64 a réalisé un pré-diagnostic et une première approche capacitaire sur deux biens bâtis, ce qui a permis de confier directement le plus excentré à un opérateur et d’engager des travaux de sauvegarde sur celui de l’église. Il a également orienté la réflexion sur le bien patrimonial en direction d’une
ouverture au public, sous gestion privée. Le C.A.U.E 64 a ensuite produit, en partenariat avec l’EPFL PB et la CAPB (Communauté d’Agglomération Pays basque), le cahier des charges de l’étude ainsi que le règlement de la consultation, au premier semestre 2024.
« Pour les fonciers portés par l’EPFL, le partenariat C.A.U.E 64 / EPFL Pays Basque permet d’impulser la mise en opérationnalité de projets publics. En ce sens, les compétences architecturales, paysagères et patrimoniales assistent, avec méthode et pragmatisme, les décideurs locaux. Le cas particulier d’Ascarat a permis de mobiliser des savoir-faire techniques, tant sur une approche capacitaire des fonciers, que sur la structuration d’une consultation d’architectes pour une étude de type plan-guide. »
Ugo Moulia, EPFL Pays-Basque
Un défi urbain, renouer avec la rivière
L’image de carte postale de Saint-Palais, une façade de pierre reflétée dans la Bidouze, semble figée dans le temps : émergences de l’église Saint-Paul et
du Palais de Justice rappelant la capitale des États de Navarre, romantisme des vieux murs et des ruines gagnées par la végétation. Les archives récentes nous apprennent que le rapport de la ville à la rivière fut aussi riche d’activités : un moulin, une minoterie, un embarcadère, un lavoir, des bains, tout cela était présent sur les quelques dizaines de mètres d’une petite impasse, aujourd’hui à l’écart de la vie du centre-bourg. L’ancien hangar en briques, seul édifice toujours intact, a quant à lui servi jusque dans les années 1980
de lieu des fêtes de village.
La municipalité envisage une stratégie pour réactiver ces espaces publics délaissés, réaffirmer de nouveaux liens avec la rivière : terrasses, promenades, pontons, salle communale… Le site de « l’ancienne minoterie » sera le projet témoin de cette stratégie,
qui pourrait ensuite se déployer à une échelle plus large sur l’autre rive, dans la « boucle de la Bidouze ».
A cette échelle, l’enjeu serait pour la commune d’offrir une solution alternative au transit routier, une connexion douce pour relier les quartiers d’habitat aux équipements publics, au-delà de la route départementale. La faisabilité d’un franchissement piéton de la rivière doit être étudiée et le parcours adossé à une mise en valeur paysagère de la rive droite, zone inondable et milieu sensible. L’objectif n’est pas d’aménager les berges, mais peut-être de sensibiliser au patrimoine naturel et de permettre des occupations légères et transitoires, qui puissent se confirmer avec le temps et les usages.
« Nous avons sollicité le C.A.U.E 64 pour avoir une vision extérieure sur notre projet. Un travail de réflexion et d’étude a été fait, et nous avons pu projeter des solutions sur un espace de la commune aujourd’hui ignoré qui tournait le dos à la rivière. Un nouveau regard sur le patrimoine, l’histoire et le tourisme donnera à la ville un nouveau cachet. »
Charles Massondo, Maire de Saint-Palais
Une étude urbaine impliquant des étudiants
L’Établissement public foncier local du Pays basque (EPFL PB) accompagne la ville de Cambo-les-Bains dans le cadre de l’élaboration d’un référentiel foncier. Cet outil cherche à identifier les terrains mutables, dans une optique de réserve foncière, pour ne pas subir les effets de la spéculation immobilière, frein à la production de logements abordables pour les actifs du territoire. Il est propriétaire de l’ancien sanatorium Beaulieu, bâtiment emblématique de l’architecture thermale des années 1920, gravement endommagé par un incendie.
Dans le cadre de son partenariat avec l’EPFL PB, le C.A.U.E 64 a proposé de mettre en place une étude à l’échelle de la commune, afin d’inscrire le référentiel foncier dans une perspective de projet de territoire, architectural, urbain et paysager, et d’envisager la réhabilitation de Beaulieu. Pour cela, les étudiants du Diplôme de Spécialisation et d’Approfondissement (DSA) architecte-urbaniste de l’École d’architecture de la ville & des territoires
Paris-Est ont été sollicités. Un groupe de quatre étudiants en post-master, encadrés par des professeurs renommés, a travaillé un semestre sur le sujet.
Outre les restitutions qui ont permis de donner une vision du développement raisonné de la commune et ses déclinaisons architecturales, ce temps de l’étude a été l’occasion pour les élus de s’impliquer dans le devenir urbain et de poser les bases d’une vaste réflexion qui se prolonge dans la démarche d’Opération de Revitalisation du Territoire (ORT).
« La commune de Cambo-les-Bains a participé à l’étude urbaine menée par les étudiants du DSA
sur proposition du C.A.U.E 64 et de l’EPFL PB. Outre l’apport technique de définition à différentes échelles, cette étude, et notamment les moments de restitution avec les étudiants, a permis de donner une dynamique et d’impliquer les élus du conseil municipal dans la réflexion prospective sur le devenir de la ville. »
Alexandre MONDIN, DGS, Mairie de Cambo-les-Bains
Une opération Cœur de Village
Dès 2017, avec la concrétisation d’un plan guide d’aménagement, la commune de Béhasque-Lapiste travaille et met en œuvre son projet de centre-bourg.
En 2019, soutenue par le C.A.U.E 64 et le service ingénierie aux communes de la CAPB, elle démarre l’opération Cœur de village et, depuis, adapte son plan d’ensemble aux évolutions, aux besoins et aux opportunités de financement. 2023 a été l’année des célébrations avec l’inauguration de la nouvelle mairie et de la place qui ont radicalement transformé le paysage et la traversée du centre-bourg. S’est ajoutée une salle associative aux lignes architecturales contemporaines, trait d’union entre l’héritage des bâtis du Pays de Mixe et les exigences de la RE2020.
L’originalité de ce projet urbain tient aussi à sa complexité. C’est tout un jeu de redistribution des bâtiments et de leurs usages qui a été imaginé afin de trouver l’organisation optimale. Les espaces libérés par l’ancienne mairie (rez-de-chaussée) et le logement vacant de l’étage, ont, par exemple,
été réaffectés pour servir l’équipement scolaire mitoyen administré par l’enseignement catholique.
Cette action de rénovation urbaine, indispensable pour maintenir une vitalité dans le centre du village, se construit dans le strict respect du cadre réglementaire et dans un esprit partenarial avec les gestionnaires du site et les bénéficiaires.
« La première phase du projet Cœur de bourg est à ce jour terminée que nous œuvrons déjà avec l’appui du C.A.U.E 64, de la CAPB et de l’EPFL sur les prochaines étapes : restructuration de bâtis existants, anticipation sur de la maîtrise foncière et réflexion autour d’un nouvel équipement à destination des associations locales. »
Gabriel BELLEAU, Maire de Béhasque-Lapiste