Paysage et environnement

Aménagement du col du Soulor

La Communauté de communes du Pays de Nay (64) et la Communauté de communes Pyrénées Vallées des Gaves (65) se sont associées pour valoriser ensemble ce site mythique de la Route des cols et du Tour de France. Ce projet interrégional co-construit par les élus des vallées, les usagers du site, les nombreux partenaires, avec l’appui des C.A.U.E 64 et 65 ainsi que l’association Patrimoines 65, met en avant un projet qui s’appuie sur l’identité pastorale, l’histoire du lieu et la nécessaire reconversion des activités de loisirs dans un contexte de réchauffement climatique. Le projet dessiné par l’équipe menée par les cabinets EMF (mandataire) et D.V.A répondait pleinement aux critères fixés par le concours de paysage. Il donne aujourd’hui un nouveau souffle à ce col pour en faire une vraie étape pyrénéenne.

La place du Palais, d’un parking à une place de village agréable à vivre

La place centrale du village, aménagée essentiellement en parkings et traversée par le flux incessant des véhicules, manque cruellement de convivialité. Ce diagnostic, partagé par les élus et par les habitants dans le cadre d’une démarche participative, a convaincu la municipalité de réfléchir à la reconfiguration de la place du Palais afin d’offrir une meilleure qualité de vie à tous les usagers.

Désireuse de mener à bien ce projet ambitieux, la municipalité sollicite le C.A.U.E. Après avoir défini ensemble les grands enjeux et objectifs du futur projet, il a été décidé d’engager une étude préliminaire. Cette mission de maîtrise d’œuvre vise à explorer les solutions possibles en réponse au programme et à préciser la faisabilité technique et économique du projet.

L’équipe de maîtrise d’œuvre, PAYS & PAYSAGES, a conduit un diagnostic sensible, historique et technique avant de repenser l’espace public à partir de ses composantes essentielles : sa topographie singulière, son patrimoine et ses parcours piétons. Par ailleurs, la question de la gestion intégrée des eaux pluviales a été la pierre angulaire pour guider la conception du plan de composition de l’ensemble du site. Cette alternative au tout tuyaux a pour objectif le ralentissement, la rétention et l’infiltration des eaux de pluie pour soulager les réseaux existants, et nourrir les nappes phréatiques.

La municipalité a désormais tous les éléments en main pour consolider son projet et envisager le recrutement d’une équipe de maîtrise d’œuvre.

Création d’une aire de sports loisirs accolée au bourg

Le bourg d’Audaux (200 hab.) est implanté dans la plaine du Gave d’Oloron, lequel coule au pied du majestueux château de Gassion (XVe s.), ornement du village. Le bourg est bâti au milieu d’anciennes barthes dont il subsiste quelques traces encore visibles dans les champs et prairies. Il a conservé sa forme bien délimitée, ceinturée de rues bordées de canaux et autrefois de jardins, aujourd’hui occupés par les cultures de rapport, qui ont peu à peu supprimé les bocages. C’est dans une de ces parcelles toutes proches du bourg que fut construite à la fin du XXe s. une salle de sport intercommunale victime de son succès : les rencontres de basket génèrent une affluence telle que la municipalité a souhaité, dans un premier temps, offrir une aire de stationnement avec un accès extérieur afin de désengorger le village. Aidée du C.A.U.E 64, elle a réfléchi à la valorisation de l’ensemble de la parcelle, en intégrant les besoins des usagers et la gestion de l’eau de ruissellement, à l’origine de nombreux désordres dans le bâtiment et ses abords. Un duo technicien en voirie-réseaux (ADING) et paysagiste-concepteur (LILIKA) a répondu en proposant une aire de détente et de stationnement dans un esprit «nature», en gestion alternative des eaux pluviales, où les barthes sont réhabilitées. Les mouvements de sol et les bouquets de plantations contribuent à drainer l’eau tout en créant des ambiances naturelles où les sportifs, les visiteurs et les habitants seront agréablement accueillis.

« Très contente de l’accompagnement et des bons conseils du C.A.U.E 64 qui ont permis de produire un dossier bien construit où tous les éléments sont présents pour aller jusqu’au bout. »
Kattalin QUENTIN, Maire d’Audaux

Révéler et préserver : une démarche collective pour Mendiburua

Située en hauteur, comme l’indique son nom d’origine, la ferme de Mendiburua a permis à la commune de Villefranque d’y développer deux
axes de projets : la création de dix logements sociaux portés par un bailleur, et la valorisation des terres agricoles, idéalement situées à proximité du
centre-bourg.
Le C.A.U.E, en collaboration avec le CPIE, a accompagné les élus de Villefranque dans la découverte de ce site d’exception. Cette immersion sur
le terrain, sous forme de déambulation partagée, a permis de croiser les regards et d’enrichir la connaissance du lieu, en révélant son potentiel ainsi
que les détails de son patrimoine bocager et topographique. Le diagnostic réalisé in situ, a mis en lumière l’intérêt de développer un axe pédagogique,
avec des aménagements pensés pour sensibiliser les scolaires, les familles et les associations à la richesse des paysages et des écosystèmes locaux. Ces réflexions ont également soulevé la question essentielle de l’équilibre à trouver entre la préservation du patrimoine naturel et son ouverture au
public. Les élus ont souhaité que ce site emblématique, riche de son héritage agricole, puisse être réapproprié par les habitants. L’objectif : faire de l’Etxe de Mendiburua un espace vivant, à la fois écologique, pédagogique et ouvert à tous.
Accueillir, révéler, préserver : tels sont les maîtres-mots qui guideront le projet entrepris. La commune souhaite faire de Mendiburua un lieu de
contemplation, de transmission et de découverte, en lien étroit avec son histoire. Ainsi, cette dynamique s’inscrira dans une volonté de participation
citoyenne. Le site a été ouvert à l’association Milaguntza, porteuse d’un projet de verger, en parfaite cohérence avec l’esprit du lieu et sa vocation
nourricière d’autrefois.

 » Le projet de la commune de Villefranque était un cas d’école, qui nous a permis de lancer une première collaboration technique avec
le CAUE. Le résultat ? une vraie réussite qui a validé une méthodologie d’intervention coconstruite, une vision commune et la complémentarité de nos
compétences. Et donc, un travail que nous souhaitons poursuivre dans un avenir proche.’’
Philippe INARRA, Directeur du CPIE Pays Basque

Aménagement des berges en rive droite du Gave

Sise dans la plaine du Gave de Pau, la bastide de Nay est établie le long des rives du Gave. Aujourd’hui cette commune de 3500 âmes retrouve peu à peu un lien avec sa rivière, notamment pour permettre aux habitants de disposer d’espaces naturels pour la détente et les activités sportives de loisirs.
En 2024, la municipalité s’est tournée vers le C.A.U.E pour l’aider à fixer ses choix et à définir une démarche de valorisation sur un linéaire de 2 km de berges en rive droite, depuis le pont d’entrée de la ville. Avec l’appui du dispositif Petite Ville de Demain, la municipalité a bâti un préprogramme
d’aménagement sur ce linéaire. Elle a ensuite lancé une consultation pour choisir une équipe de conception de paysage en milieu naturel inondable, en
vue d’un projet frugal et facile d’entretien. L’agence retenue, Pays&Paysages, a présenté un projet d’ensemble en novembre 2024, phasé pour permettre une réalisation cohérente dans le temps en fonction des moyens du Maître d’Ouvrage. Le projet permet d’enrichir l’offre de jeux en place, notamment envers les plus petits, la promenade piétonne et vélo, et les accès aux équipements tels que la Minoterie ou la station de canoé-kayak. Elle met en valeur les différents éléments présents sur le site, comme les alignements arborés, la végétation de berge, l’ancien lavoir et trace un fil conducteur le long de la berge permettant de découvrir de beaux points de vue sur le Gave. Une balade qui en met plein la vue !

 » Une belle proposition de promenade qui permettra aux habitants de mieux pratiquer ce site emblématique de la ville tout en préservant la nature. »
Marie BOURRET, Cheffe de projet PVD

La renaissance d’une prairie arborée en cœur de bourg

Au cœur de la plaine de Nay, la commune de Rontignon offre la particularitéde posséder une exceptionnelle prairie arborée au cœur même du bourg, à côté de l’école et de la mairie. La Cassourade, espace verdoyant et piétonnier, protégé des voitures, calme, ombragé, entouré de canalets anciens et proche de toutes les commodités du bourg, se retrouve au centre d’un ensemble de projets à caractère sportif ou de loisirs : stade, véloroute, BMX… La commune, encouragée par la réussite de l’extension de l’école donnant sur les lieux, a souhaité offrir aux habitants, à commencer par les plus jeunes, un espace public de jeux innovant, en lien avec la cour de l’école. Peu à peu, elle a élargi son projet pour se saisir du potentiel du « prat » et le transformer en lieu de détente multigénérationnel et de convivialité, ouvert à tous, rafraîchissant en été, animé pour les uns, reposant pour les autres, et agréable en toutes saisons.
Après un temps de définition d’orientations programmatiques mettant l’accent sur les sols infiltrants, les aires de jeux « nature » et la création d’un kiosque multi-usages, la commune, accompagnée par le C.A.U.E 64, a confié le projet à une équipe de paysagistes-concepteur et architecte, expérimentée dans les approches « frugales » où la nature est source de solutions. À la
fois créatif et respectueux du site, le projet offre des espaces de détente, des jeux pour enfants en lien avec l’école, un parcours ludo-acrobatique, une petite halle multifonctionnelle, un espace ados, des cheminements doux et des liaisons avec les abords, la requalification du lavoir, la valorisation des berges des canalets, un nouveau parvis pour le foyer communal…

« S’inspirer de l’âme naturelle de la Cassourade pour jouer, cheminer, grimper,
glisser, se cacher, se poser, manger. Des aménagements simples, guidés par la composition végétale du site, la proximité des infrastructures existantes et la dynamique des élus et habitants pour avoir un espace de rencontre et d’échange requalifié. »
Charlotte FONTAN, Paysagiste

La requalification des abords du fronton d’Atherey

Située en Haute-Soule, la commune de Licq-Athérey se compose de deux petits bourgs reliés par le Gave du Saison et la route départementale Tardets -Larrau. Dans un léger élargissement de la vallée, le petit village d’Athérey égrène ses fermes et sa minuscule église au pied des premières montagnes et des « chapeaux de gendarme » de la Haute-Soule, dans un paysage agro- pastoral de fort caractère.
En avant du village, proche du gave auquel il est relié par un petit chemin, le fronton place libre nécessitait une augmentation de l’offre de jeu et un « toilettage » de ses abords pour le rendre plus accueillant, afin de retenir les habitants et d’attirer les visiteurs en quête de calme et de détente « nature ».
Confié à une agence de paysagiste-concepteur, le projet joue sur la créativité, la frugalité et l’éco-responsabilité tout en révélant le site avec délicatesse. Définis et placés avec justesse, un jeu de boules, des structures de jeu naturelles en bois, des arbres, des conteneurs toujours présents mais « effacés », quelques places de stationnement en sol infiltrant, une noue pour les eaux de ruissellement, un accès au gave tout en douceur, une placette ombragée devant le gîte attenant au fronton… cisèlent ses abords comme un petit jardin en pleine nature.

« La commune souhaite redynamiser le fronton d’Athérey, le gîte, le cœur du bourg, tout en valorisant les éléments remarquables du territoire. »
Peio Quihillalt, maire de Licq-Athérey

« Le projet a progressivement évolué grâce à l’implication de tous, aux nombreux échanges entre le maire, les conseillers et les habitants, le C.A.U.E 64 et la maîtrise d’œuvre. Il a bénéficié des possibilités de subventions qui permettent aux petites communes d’envisager des projets cohérents et innovants. C’est une aubaine pour le territoire, l’écologie, le partage, la pédagogie autour des éléments qui structurent le paysage. »
Maïa Agor, Lilika Paysage